La femme du mois de mai: Magali MICHON LANGLOIS

MAGALI MICHON LANGLOIS
“Randonneuse”, Huskies de Sibérie & Podenco
Magali, je sais que tu as passif dans les sports de haut niveau côté moto, tu as été handler pour un musher de “longue distance” durant un hiver et que tu es adepte de la rando avec tes chiens.
  • Mais qui est vraiment Magali?

Une amoureuse des animaux, de la vie et de la nature sans doute. J’aime aller au bout des choses, c’est ce qui m’a fait toucher à toutes ces disciplines après avoir pratiqué beaucoup l’équitation étant plus jeune. Qui je suis vraiment ? Je travaille dessus tous les jours pour le découvrir (lol) Ce sont toutes mes expériences qui me font petit à petit et j’espère que cette découverte sera encore longue ! Mais si un mot devait résumer mon mantra c’est « passion » car elle anime chacune de mes actions et me motive chaque jour à avancer.

  • Qu’est ce qui t’as amené au Monde des chiens de traîneaux? Quelle race as-tu et pourquoi?

J’ai entamé en 2010 ma deuxième vie de musher. J’avais une petite meute de Sib et d’Alaskan à la fin des années 80 mais cette aventure a pris fin brutalement. Puis il y a eu la rencontre avec mon mari au début des années 90 (dans le milieu des chiens de traîneau d’ailleurs) et s’en est suivi une longue période moto. Durant toutes ces années, un compagnon à 4 pattes était toujours à nos côtés, mon Holeshot un super Alaskan tout noir, venant de chez mes amis les Goutin/Pierredon. Avec le décès d’Holeshot et un désire de plus en plus pressant d’arrêter la compétition moto, c’est tout naturellement que Falballa, notre première « neo-sib » a fait son entrée dans notre vie. Puis Gaïa, Angel et Corvette ont suivi me permettant ainsi de recréer une mini-meute et de refermer, un peu, cette vieille blessure. J’ai toujours aimer le sport et la nature et le Sib pour moi, synthétise parfaitement ces 2 passions. Et puis mi juin 2016 c’est une drôle de boule de poile blanche et feu qui nous a rejoint. Très impliquée depuis 3 ans dans la cause des Lévriers d’Espagne, Curry a été un des aboutissement de mon combat, ouvrir ma maison à l’un d’entre eux. Il s’avère que mon drôle de zébulon a tellement été intégrée par ma meute qu’elle fait « toutcommeunhusky » montrant même des qualités bluffantes à l’attelage ! Je me suis donc accidentellement retrouvée en « Open » (lol)

  • Alors que beaucoup de personnes pratiquent la compétition dans notre fédé, pourquoi choisir de faire de la rando? Qu’est ce que cela t’apporte? Comment prépares-tu tes chiens pour la randonnée, quel type d’entraînement,..?

La rando est ma dose d’endorphine quotidienne. J’ai tellement connu la pression de la compet en moto durant 10 ans, je n’ai pas voulu imposer cela à mes « Filles » J’aime musarder avec elles, découvrir de nouveaux territoires (surtout depuis notre déménagement dans le Haut-Forez). J’aime pouvoir atteler à l’intérieur et me pointer dehors avec mes 5 donzelles au bout de la ligne dans la zénitude la plus totale avant d’accrocher tout le monde à la trott’. J’aime pouvoir poser ma trott’ pour prendre une photo ou admirer un paysage en sentant mes miss profiter de l’instant avec moi. Mon team s’appelle le « Twenty Past Five » car c’est l’heure à laquelle je me lève 5 jours par semaine pour partir en cani-rando une petite heure avec elles (6 à 7 km) et ce moment là est devenu vital pour moi. C’est toute cette sérénité matinale avec la nature et ce moment de partage avec elles qui ont motivé mon choix. Cette cani-rando est la base de toute ma préparation. Elle me permet d’être au plus prêt des filles, de leur apprendre tout le vocabulaire de base le « stop », le « doucement » (impératif pour les descentes, à pieds et pattes, à 5 ou les parties « trialisantes » en trott’) et puis plus classiquement la droite et la gauche ou le demi-tour. J’ai peu de chiennes, ce sont donc toutes, grâce à cela, des « chiennes de tête » et même ma petite Pod, après moins d’un an maîtrise déjà tout ceci. Après, les week-end sont réservés au traîneau ou à de plus longues sorties trott’ (15 à 30 kil) suivant la météo. Ce mode de vie me permet de ne jamais « breaker » et ainsi de garder toujours mes filles prêtes aussi bien au niveau cardiaque que musculaire.

  • Comment se déroule une randonnée? (Balisage, autres randonneurs,..)

Les randos auxquelles j’ai le plaisir de participer sont toujours très bien organisées. Elles sont de 2 types les « Officielles » inscrites au calendrier de la FFST qui sont balisées et nous proposent de découvrir de nouveaux horizons. Nous partons souvent en groupe histoire de partager avec les autres mushers et nous suivons le parcours à notre rythme. C’est ce que j’aime dans la rando savoir aussi prendre son temps, ce qui n’est pas toujours facile dans la vie de tous les jours. Les soirs donnent toujours lieux à un repas convivial ou nous en profitons pour reparler des bons moments de la journée. La seconde catégorie, les plus courantes, sont les « Entre potes ». On s’invite les uns les autres, de jour comme de nuit à venir découvrir son « Chez Soit » et c’est toujours le kiffe total (souvent agrémentées de délicieux cookies et pizza lol ) ! Nous sommes en plus petit comité et j’adore ces petits moments de partage minimaliste qui donnent lieu à de beaux échanges.

  • Tu as passé un hiver en Scandinavie pour entraîner des chiens de longue distance, qu’est ce qui ressort de cette expérience?

Comme je te l’ai dit, j’aime aller au bout des choses aussi tant qu’à pratiquer ma discipline autant apprendre avec La Meilleur ! Quand Catherine Fontaine s’est mise en quête d’un handler pour sa saison 2014/2015, j’ai posé un congé sans solde et me suis engagée à ses côtés. Ce fut une expérience INCROYABLE belle et dure ! J’ai tendance à être très (trop…) perfectionniste et c’était très difficile pour moi de lâcher prise tant je voulais que tout soit parfait (ce qui me rendait sacrément pénible par moment lol) ! Mais j’ai appris plus en 4 mois sans doute qu’en une vie car Catherine est dans une logique de remise en question perpétuelle dans son sport et c’est grâce à cela, je pense, qu’elle excelle ! Moi qui tenait à peine sur un 4 chiens ai eu le privilège immense durant quelques jours de sortir 2 teams de 10 quotidiennement, dont le Team Des Guerriers du Fur et ça rien ne pourra jamais le remplacer ! Je lui doit énormément et cette expérience restera toujours gravée dans mes gènes de mini-musher. Paradoxalement cette parenthèse scandinave m’a ouvert les yeux sur la beauté inimaginable de… La France et je savoure chaque jour dans notre beau pays. De plus, j’ai définitivement fait une croix sur la compet car de voir combien ces courses de « longue » demandent de sacrifices et de dépassement de soit, il n’y a que des femmes (et des hommes quand même lol) de la trempe de Cath pour faire des trucs pareils ( « Si vous me cherchez durant les 18 heures qui viennent…je suis dans mon Jerven lollll)

  • Le mot de la fin est pour toi: une anecdote, un chien particulier à tes yeux, un coup de gueule, un coup d’amour, la voix est libre!!

La vie est trop courte pour regretter ! Sur neige, sur terre ou bien où que ce soit, nos chiens sont nos moteurs et sans eux notre passion n’existe pas alors au lieu de nous plaindre d’un hiver sans neige ou d’un été trop chaud apprécions juste le privilège de partager cela avec eux car eux, c’est tout ce qu’ils nous demandent lol


Post Author: Sandrine Muffat