La femme du mois du novembre : Elodie DE LA PENA

Elodie De La Pena

Musher pro et randonnée

Qui es-tu? Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Merci d’avoir pensé à moi pour cet interview , je suis touchée. Musher passionnée, je suis maman de 2 petites filles, je partage la vie de 33 chiens et d’un agriculteur dans les Hautes-Pyrénées. (N’y voyez pas là un sens des priorités !)

 

À quel âge es-tu arrivée dans le mushing ? Comment as-tu découvert cet univers ?

Il y a 17 ans ; je vivais en ville où j’avais pris l’habitude de me déplacer en vélo ou en roller avec ma première chienne d’attelage : Nazca. C’est le partage de mon quotidien avec ma chienne : voyage, randonnées, qui m’a donné envie d’aller plus loin  comme d’acheter un traineau pour qu’elle m’accompagne aussi sur la neige ; de là, j’ai adopté mon premier husky, Apache. Quelques déplacements en course ou randonnées m’ont permis de rencontrer le monde si varié et si riche du mushing !

 

Quel(s) type(s) ou race(s) de chiens as-tu et pourquoi ce choix?

Ma meute est constituée principalement de Huskys de Sibérie, d’une dizaine d’esquimaux du Groenland et d’un samoyède. Le husky pour son côté indépendant forcément, si amoureux de liberté le Groenlandais, lui, pour son côté à la fois rustique, affectueux et pot de colle … le Groenlandais m’impressionne par sa puissance et sa grâce, ils m’épatent tous chaque jours.

Le Samoyède …. beaucoup se sont étonnés de cette décision ! J’avais besoin d’un chien calme et facile pour travailler avec les plus petits. Il s’appelle Mouffle, il me fait rire, ses mœurs sont différentes des autres nordiques, un peu teigneux et caractériel, un peu d’entretien pour éviter les locks dans les poils … malgré ça il remplit parfaitement son rôle de chien  « nounours » et facile. Pour l’instant il est l’unique … à voir ….

J’ai eu l’occasion de connaître l’alaskan avec Angie qui m’avait été donnée par un ami compétiteur et qui s’est fondue au milieu des poilus pendant plus de 6 ans.

Jack le russel vit au milieu de tous, son rôle était d’habituer les nordiques aux chiens de petits gabarits … aujourd’hui c’est lui qui les harcèle à longueur de journée !

 

Pourquoi avoir choisi ce sport ?

C’est ma première chienne qui a choisi ce sport pour moi : pour partager le sport avec elle.

 

Tu as fait de ta passion ton métier en devenant « musher pro », qu’est-ce qui t’a décidée à « sauter le pas » ?

Je ne voulais pas que ma passion devienne mon métier au départ … c’est un concours de circonstances comme on dit …

Quelques années et quelques chiens plus tard, en entraînant sur Payolle, j’ai rencontré Ingrid Saye qui est devenue ma maître de stage lors de mon diplôme et mon amie. Tout s’est enchaîné très vite grâce à une motivation de fer et une famille toujours à mes côtés pour me soutenir.

Depuis 5 ans j’ai monté ma société (Attelage Altitude) et je travaille  avec mes 33 chiens sur Payolle et La Mongie.

L’important c’est que notre métier reste une passion avant tout.

 

Chacun a des petites anecdotes à raconter, on a tous des souvenirs plus ou moins funs.

Quel est ton plus beau moment avec tes chiens? Et quel est le pire ?

Mon plus beau souvenir est au Mont Cenis : lors d’un stage chez Christophe Caron, les attelages se sont mis à bouger et hurler alors que nous nous trouvions au milieu d’un immense plateau blanc. En levant le nez nous avons vite compris : au loin, à une  centaine de mètres, en pleine journée, un loup filait à flanc de montagne.

Mon pire : lors d’une sortie clientèle : des chiens qui reviennent en boitant parce que les consignes n’ont pas été respectées par les participants.

 

Tes chiens ont tous une place particulière, mais quel est le chien qui a le plus marqué ta vie ?

Nazca : elle vient d’un refuge de Savoie. Elle a vécu avec moi des galères, des joies, et c’est elle qui me permettait de me déplacer à vélo alors que je n’avais pas encore mon permis de conduire : elle était mon autonomie.

Elle me gardait la nuit dans le train entre Bordeaux et Chambéry, elle m’attendait sans bouger partout où je lui demandais, elle a mené mon attelage de 2 à 12 chiens pendant 16 ans …

Elle a participé à ce que j’ai construis jusqu’à aujourd’hui. Elle est morte en juin 2016.

Avec ton club (Mountain’s Dogs), vous organisez la plus grosse manifestation de la fédération, la célèbre randonnée de Payolle, peux-tu nous en dire plus sur cet événement ?

Mountain’s Dogs est né en 2011. Le projet d’un club pour initier aux débutants propriétaires ou non de chiens à  l’attelage canin.

En 2013, avec moins de 10 adhérents, nous imaginons faire découvrir notre site d’entraînement aux mushers d’autres départements.

Je me suis beaucoup inspirée de la randonnée de Scévolles et il m’arrive encore d’appeler David Blanchin pour avoir ses conseils: la première fois que j’y avais participé, j’avais apprécié le côté convivial de ce genre de rencontre, sans soucis de jugements ou d’objectifs en perfectionnement.

À Payolle, les mushers de partout se rejoignent, des plus novices aux plus expérimentés en passant par le mono-chien juqu’aux attelages illimités. Il n’y a pas de bons ou de mauvais mushers, il y a juste du partage de la même discipline avec toutes les races de chiens, avec ou sans poils, et tous les engins qu’affectionnent les mushers. Payolle c’est la polyphonie du mushing, un festival d’attelages canins !

Aujourd’hui nous sommes 33 et une dizaine de bénévoles à bloc !

Notre devise est la bonne humeur et la convivialité. Chaque année nous tâchons de faire plaisir à nos « habitués » et d’être à la hauteur de ceux qui font la route pour nous rejoindre.

Nous sommes très fiers de ce succès et nous aspirons à ce que tous les mushers arrivent et repartent avec le sourire !

 

En dehors de cette manifestation, tu es de façon générale impliquée dans le développement des randonnées en France. As-tu un message à faire passer à nos lecteurs et licenciés ?

Jérôme Bruneau nous a demandé notre avis sur la création du règlement fédéral des randonnées, nous étions flatés ! Merci à lui pour son travail !

Nous avons tester cette année le « totem de Payolle » à l’image du rugby : cette année Vincent a gagné le totem ; Celui qui le gagne doit le remettre en jeu l’année prochaine ! Il a donc gagné le droit de revenir !!

Les coupes sont délivrées (à l’inverse des trophées décernés lors des compétition) à ceux qui auront fait la plus belle chute …

Nous tenons aussi à amener aux participants « une pension complète » (tous les repas sont compris dans l’inscription) pour faciliter leur organisation et leur voyage.

 

As-tu un conseil à donner à ceux qui nous lisent aujourd’hui ?

Il n’y pas de bons ou de mauvais mushers, il y en a qui voyagent, d’autres qui exploitent leur environnement, il y a ceux qui aiment les défis collectifs et d’autres les défis personnels, il y en a qui aiment la vitesse, d’autres les expéditions ou les mêmes les deux, il y a ceux qui débutent et ceux qui pratiquent depuis plusieurs années, bref quelles que soient nos origines et nos projets, on partage tous l’amour de l’attelage avec nos compagnons et c’est juste ce qu’il faut retenir.

 

Quels sont tes objectifs cette saison, sur quelles manifestations pourra-t-on te retrouver ?

Ma saison d’Hiver arrive à grand pas, aujourd’hui après avoir récupérer de la fatigue de la Rando, je vais me concentrer sur mon métier … À la fin de la saison d’hiver, j’aimerais participer avec mes adhérents à d’autres randonnées pour retrouver les copains et voir leur terrain de jeu : Dilay (mars), Saint Just (avril) où Elisa Pirat nous a déjà conviés !

 

Mot libre : Pas de question précise, juste une place pour s’exprimer sur un sujet qui vous tient à cœur.

Michèle, je t’ai déjà tous dis je crois …. merci encore pour cette interview …

 

Merci à toi Elodie, d’avoir joué le joué de l’interview et pour tout ce que tu apportes à nos sports!

 

 

Post Author: Michele Thevenon