L’homme du mois : Florent JOLIBOIS

 In Interview

Florent JOLIBOIS

 

Musher pro et compétiteur « Sprint et mi-distance » –

 

 

 

 

 

Qui es-tu ? Peux-tu te présenter en quelques mots ?

J’ai 41 ans, suis d’origine picarde, partage ma vie avec une auvergnate et suis le père de deux enfants jurassiens ! Nous disposons d’un chenil de 17 chiens sur le premier plateau jurassien. Éducateur spécialisé pendant 16 ans auprès d’adolescents en difficultés sociales et familiales, je suis maintenant chef de service éducatif au sein d’une Maison d’Enfants à Caractère Social dans le Haut-Jura.

 

 

À quel âge es-tu arrivé dans le mushing ? Comment as-tu découvert cet univers ?

J’ai découvert le mushing vers l’âge de 15 ans, par un ami d’enfance (Antoine LEMOINE, que je n’ai pas besoin de présenter plus…). Nous allions entrainer ses chiens (des siberian huskies à l’époque), le week-end ou la semaine après le lycée, notamment lorsqu’il préparait sa participation à la PIRENA en 1993 (si mes souvenirs sont bons !). J’ai découvert ensuite l’univers des courses « terre » (bien boueuses et bien physiques, en Picardie, pour relativiser les critiques que l’on entend aujourd’hui sur les parcours proposés par les clubs organisateurs…) et la convivialité qui régnait sur les stake-out qui étaient bien remplies dans les années 90… J’ai vécu mon adolescence et post adolescence (plutôt bien!) pour me lancer ensuite à prendre un premier chien « preums » (un alaskan issu de chez Bertrand COUTIAUX), en 1999, alors que j’étais encore étudiant (ou que j’allais l’être, j’ai fait quelques breaks!). Ça a été le début d’une vraie passion qui m’a animée jusque maintenant… J’ai mis les pieds sur un traîneau pour la première fois sur la ligne de départ des championnats de France au Ballon d’Alsace, dans la catégorie 4 chiens, en 2001 ?! Et le virus s’est installé progressivement… je ne peux pas tout raconter, ça serait trop long…

Quel(s) type(s) ou race(s) de chiens as-tu et pourquoi ce choix ?

J’ai toujours eu des alaskans x chasse (appelez les comme vous voulez : eurohounds, scandinavian hounds, esd…). Ils correspondent à ce que je cherche et à ce que j’aime dans la pratique du traîneau : la liberté par leur sociabilité, la relation de confiance par leur caractère proche de l’homme et leur dévouement, la conduite sportive par leur puissance et leur vitesse.

Pourquoi avoir choisi ce sport ?

Il est un peu venu tout seul, comme pour tant d’autres sports, lorsqu’on y goûte et qu’il nous procure du plaisir à pratiquer, ça devient une addiction qui ne nécessite pas qu’on se pose mille et une question. Mais la relation avec les animaux, l’évolution en milieu naturel et encore une fois la convivialité que j’ai trouvé sur les manifestations auxquelles je participais ont été des facteurs déterminants à la continuité de ce choix…

 

Chacun a des petites anecdotes à raconter, on a tous des souvenirs plus ou moins funs.

Quel est ton plus beau moment avec vos chiens? Et quel est le pire ?

Il y a eu beaucoup de beaux moments avec mes chiens… sans rien citer de bien précis, je pense que la transition de compétiteur à musher pro m’a permis de découvrir des potentiels chez mes chiens que j’ignorais ou n’exploitais pas, de renforcer notre relation et de découvrir une pratique du traîneau avec mes chiens plus complète, ne se limitant pas à des temps de chrono, à des pistes damées… et pas moins sportive pour autant (bien au contraire !)

Le pire : la perte de mon attelage en course…

 

Tes chiens ont tous une place particulière, mais quel est le chien qui a le plus marqué ta vie ?

Mon premier chien « preums » qui nous a quitté à l’âge de 11 ans de façon accidentelle. Je suis passé par toutes les étapes avec ce chien : du canivtt, de la trott, du kart, du traîneau, et même parfois du canicross !

As-tu un conseil à donner à ceux qui nous lisent aujourd’hui ?

À certains mushers compétiteurs, de prendre le temps de se poser, d’analyser objectivement l’évolution de l’environnement des sports de traîneau et d’adapter leur conduite et leurs objectifs en conséquence, tout en prenant leurs responsabilités plutôt que de se réfugier derrière la critique non constructive…

Aux instances fédérales, de fédérer (et non de diriger), d’écouter, de soutenir et de respecter les orientations que souhaitent ses licenciés et clubs affiliés dans une démarche démocratique…

 

Quels sont tes objectifs cette saison, sur quelles manifestations pourra-t-on te retrouver ?

Mes objectifs se voient dernièrement limités par mes contraintes professionnelles et par l’évolution de ma pratique personnelle du traîneau…

Pour cette année 2018, l’un de mes objectifs était l’organisation des championnats de France sur la station des Rousses ainsi que la première participation de mon fils Enzo en attelage 3 chiens. J’aimerais participer à la LEKKAROD mais ça ne pourra pas être encore pour cette année… Je pense qu’on pourra me retrouver sur les CF dryland…

 

Veux-tu nous dire un mot sur la course des Rousses ?

Le Jura Traîneau, que je préside, a organisé, pour la troisième année consécutive, une course de traîneau sur la station des Rousses, et pour la seconde fois les championnats de France. Cette année, le club s’est associé au CRAC (club très dynamique dans l’organisation de manifestations sportives et très convivial) pour organiser les CF sous l’égide de la FFST, sur le site du Village Vacances de la Station des Rousses à LAMOURA. Cette troisième édition a été une nouvelle réussite. Les retours ont été très positifs de la part des participants tout comme des partenaires. L’organisation a été nettement plus efficace que les années précédentes, plus détendue et conviviale. Les mentalités commencent à évoluer (même s’il reste encore du travail…!) sur la nécessité d’accepter qu’il faut du temps et qu’il nous faut convaincre pour avoir toute notre place au sein des autres activités nordiques dans les stations comme celle des Rousses. Il faut gravir les échelons un à un et il est utopique de penser aujourd’hui qu’on a le pouvoir de s’imposer sur de tels sites face aux activités traditionnelles. Cependant on est sur la bonne voie et la station des Rousses adhère à cette perspective de développement des sports de traîneau en soutenant financièrement et techniquement l’organisation de la manifestation, en nous suggérant de réfléchir à un évènement de plus grande envergure, en travaillant sur le conventionnement d’un site pour des mushers pro…

L’infrastructure qu’offre le site du VVSTAR a été très apprécié par les participants et par l’organisation (stade de départ/arrivée, gymnase, hébergement, restaurant, bar avec animation le samedi soir…). Ce site a pour vocation d’accueillir les plus grands évènements sportifs jurassiens (arrivée d’étape du Tour de France 2017, trans jurassienne 2018…) et c’est plutôt de bonne augure et révélateur de la dynamique de la station que de nous avoir accordé la possibilité d’organiser les CF des sports de traîneau sur ce site.

Il reste toutefois des points litigieux qui devront amener à une réflexion collective au niveau de la FFST pour la pérennité de cette manifestation, notamment concernant l’éclatement géographique de la stake-out sur le site, la distance des parcours proposés… Il faudra soit faire évoluer ces points (ce qui parait difficile au premier abord), soit faire évoluer les règlements et les exigences de certains compétiteurs…

 

 

 

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