Expérimentation d’un tricycle pour une pratique « Non voyant »

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Expérimentation d’un tricycle pour une pratique « Non voyant »

La problématique pour une pratique des sports de traîne par des personnes non ou mal voyante est complexe.

  • Problème de mise à l’attelage : Cela peut facilement être réglé par un handleur voyant.
  • Problème de conduite : la trajectoire ne peut être lue ; La problématique est plus aigue encore hors neige. Si un traineau correctement mené par un bon chien de tête peut parcourir une piste peu complexe sans sortir, le maintien de la direction par un engin qui pour suivre une trajectoire devra impérativement tourner ses roues devient impossible sur terre.
  • Problème d’anticipation pour avoir le temps de réagir
  • Problème de maintien de la tension de la ligne de trait
  • Problème d’intervention sur l’attelage durant la course

Tous ces facteurs font que l’autonomie totale n’est pas envisageable, la présence  d’un « guide-accompagnateur » est donc souhaitée.

Dès lors se pose le problème de la communication entre le guide et le sportif. Le guide doit il informer le sportif de l’attitude de tel ou tel chien à charge pour ce dernier d’intervenir pour ralentir ou motiver le chien ou doit- il intervenir directement sur le chien ?

Pareil pour les éléments du parcours, comment avertir le sportif de l’arrivée sur un virage, une dépression, une bosse, une montée longue ? Quelle place pouvons-nous faire à l’autonomie de pilotage sans nuire à la sécurité ?

Une partie de la réponse peut sans doute être trouvée dans le choix du matériel. Nous avons expérimenté un engin dont le concept est très intéressant.  Il s’agit d’un tricycle muni de pédaliers qui permette la propulsion de l’engin, donc dans le cas d’un « détournement » vers le sport de traîne qui permettrait de participer à la propulsion dans les parties montantes.

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Certes en l’état la réalisation devrait être repensée, mais le concept est génial : les deux passagers voyant et non voyant sont côte à côte dans une proximité qui permet des échanges faciles (ceux qui ont guidé des skieurs de fond non voyant apprécieront).

Il est tout à fait possible selon ce que l’on souhaite privilégier de ne mettre qu’un seul pédalier, le rôle du voyant se limitant alors à la gestion de la trajectoire et à la sécurité, ou d’en garder deux, la course se faisant alors en collaboration entre le sportif et son guide qui peut aussi, dans ce cas, participer à la propulsion quand ce sera nécessaire. Un changement de développement sera aussi indispensable, par augmentation du nombre de dents du plateau. L’adjonction d’un dérailleur ne me parait pas indispensable, le système de pédalage ne venant qu’en appui de la traction des chiens en cas de besoin dans un « raidard »

Le freinage sur le modèle essayé n’est pas du tout adapté, vous voyez sur les photos qu’il s’agit de pièces métalliques venant frotter directement sur le pneu.

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Il devrait être possible en conservant le concept de fabriquer quelque chose d’approchant avec des roues de 20 pouces munies de freins à disques (hydrauliques ou à câbles).

L’essai réalisé n’a pas non plus mis en évidence l’intérêt d’un guidon aussi  large pour une utilisation en traîne avec un non voyant. Le manque de coordination entre les deux passagers (voyants) lors de l’un des essais à d’ailleurs failli se terminer dans un buisson de ronces !

Un guidon d’un seul coté de l’axe de direction suffirait, nous avons testé.

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Par contre il serait utile de remplacer l’autre demi-guidon par un arceau fixe permettant au sportif non voyant de se tenir et d’utiliser un appui efficace en montée.

Faudrait-il implanter les freins uniquement sur le guidon du guide ou pourrait-on envisager un double circuit permettant au sportif d’assurer les freinages prévisibles tout en permettant au guide d’assurer les freinages d’urgence. Dans ce deuxième cas on se dirigerait forcément vers un freinage hydraulique.

Bien entendu la troisième selle n’a aucun intérêt et pourrait être supprimée.

Par contre il est indispensable d’être deux, une utilisation solitaire vous conduit presque à coup sur à une chute du coté du conducteur dès la moindre irrégularité du terrain ou le moindre changement de cap.

Nous n’avons pas pu peser l’engin faute d’une bascule adaptée mais cela tourne autour des 20 kilos ce qui est raisonnable.

Pour des raisons évidentes de sécurité, nous n’avons utilisé que  deux chiens, le diamètre des roues sur une piste en terre nous paraissait un peu juste.

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En conclusion : Un concept intéressant, un engin beaucoup plus stable qu’il n’y parait, peu confortable dans son montage actuel (les réglages de hauteur et de position de selle sont sur ce modèle complètement grippés) dont le freinage devra impérativement être amélioré mais qui permettrait sans doute aux sportifs non voyants d’avoir des sensations sympas au moins en initiation. En course avec des « furieux » devant il faudrait sans doute élargir l’essieu et peut être baisser le centre de gravité.

F. MACHECOURT

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